‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 116 sur 259 · CROQUER LE MARMOT · texte numérisé non relu

CROQUER LE MARMOT

m'en faire passer une copie. Je vous en serai trèsreconnaissant.

Quand les auteurs grecs qui ont écrit sur la musique, Ptolémée, Aristoxène, Euclide, Nicomaque, se servent du mot canon, est-il nécessaire d'avertir qu'ils y attachent un sens tout différent de celui oii on le prend dans nos conservatoires modernes? La question de la musique grecque est toujours fort obscure , mais je crois fermement que Terpandre et Orphée eussent été saisis d'admiration s'ils avaient entendu quelque chose coinme Frère Jacques, Grégoire est mort , ou la Dispute des lurons de la Grenouillère, deBerlon.

1 Choquer le marmot. — L'auteur d'un dictionnaire étymologique inédit, qui plusieurs fois m'a fait l'honneur de m'adresser des solutions ingénieuses, mais, 9 mon avis, plus savantes que fondées, m'écrit sur ce point : « Marmot, comme chacun sait, est le grec pop/w » {piormô)^ larve, lamie, spectre, fantôme.

» Croquer le marmot, c'est littéralement croquer le » fantôme ; soit figurément se nourrir de chimères , se » repaître de l'apparence au lieu de la réalité , de » l'ombre au lieu du corps que l'on attend. Telle est » l'origine de cette locution. »

Je n'en crois rien du tout. Marmot n'est point le grec mormô; ni le latin marmor, comme le veulent les pères de Trévoux; ni le vieux français merme (enfant mineur), conmie le prétend De Laurièro : marmot est le masculin de marmotte. Tout le monde sait

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