‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 120 sur 259 · DE SYLLABES INITL4LES · texte numérisé non relu

DE SYLLABES INITL4LES

alors, mais poltro , d'où serait ensuite venu poltron. Par conséquenl, pour se tenir dans l'analogie, M. A. K... devait me fournir des exemples latins, et non français, du procédé de formation dont il défend la réalité.

Maintenant je dis que, même à son point de vue, ces exemples français ne concluent pas.

Vidaine n'est pas \\[cem) nomini gerens) ; vicem est ici resserré en un monosyllabe : vis. On écrivait vis-roy, vis-dame^ M. A. K... le sait bien. Dame est aussi la contraction de dominum, et non pas la première syllabe de domimis.

Prud'homme n'est pas davantage prud(c«5) hom(o) ; — c'est l'adjectif prude , pour les Italiens prode^ et homme; deux racines françaises.

Tocsin est toque-sin, c'est-à-dire touche-sin. Sin, pour signifier cloche^ vient du latin signum, je le veux, mais il n'est plus le latin signum : c'est un mot français monosyllabe, et non la moitié d'un mot latin. Quant à l'autre racine, toc ou toque, M. A. K... a oublié net de m'indiquer à quel mot latin cette syllabe servait d'initiale.

Il avance que forclus (disons forclos pour lexactilude, cela ne fait rien au fond), c'est F0R(ff5) clus{w5). Non : c'est fors, adverbe formé de foras, et clos, participe passé de clore.

Ce dernier exemple est de plus vicieux en ce point qu'on n'a pas formé forsclos , mais forsclore , d'où le participe a naturellement suivi. Or M. K... ne saurait dire que clore soit la première syllabe de claudere.

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