‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 143 sur 259 · MARS EN CARÊME · texte numérisé non relu

MARS EN CARÊME

seulement au mot luroimer, qu'il donne après , il fait venir ce verbe « de l'islandais luri , être paresseux » . M. l'abbé Corblet est bien heureux de savoir l'islandais !

I Mars en carême. — Ce proverbe exprime la ponctualité, attendu que mars se trouve toujours compris dans le carême. Ce proverbe existe en espagnol, dans le recueil du commandeur Fernand Nugnez : No puede inas faltarque marzode quaresma{\) : « Cela ne peut manquer non plus que mars en caresme. » Observez que Nugnez est mort en 1553, plus qu'octogénaire; vous voyez à quelle date ce proverbe remonte.

Depuis quelques années, certains raffinés, impatiens de toute vieille coutume qu'ils ne comprennent pas , font courir le bruit que mars en carême est une corruption de marée en carême ^ et, sous prétexte de retour à la vérité, ils ont mis cette erreur à la mode. Je ne nie pas que la marée arrivant en carême n'arrive aussi à propos qu'un pâté de Strasbourg le jour du mardi gras ; mais tenez pour certain que mars en carême est la véritable locution de nos pères. Marée en carême est l'œuvre très-récente de ces gens toujours prêts à gloser sur le Magnificat, qui, la férule en main, nous font voir Molière et Bossuet remplis de solécismes. Ils ont mille industries de la même valeur. Ce sont eux qui ont inventé les poires de messire-Jean ^ en remplacement des anciennes ^o/res de misser-Jean^ sous

(1) Refranes o proverlHos, etc. Madrid, 1804, lll, 76.

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