METTRE AU PSALTERION
psaumes durant le moyen âge : l'oraison dominicale n'était pas elle-même plus employée. Le confesseur donnait pour pénitence de réciter pendant huit jours unes sept saumes. — Le tems de dire unes sept saumes. — Cette pluie n'a duré qu'unes sept saumes , comme aujourd'hui cinq Pater et cinq Ave.
a Noslre bon fils, qui estoit de neige, comme savez, » estoit en notre présence sur le gravier; par la grande » force du soleil , il fut tout à coup fondu et en eau » résolu, et n'eussiez pas dit unes sept saumes que » ne trouvasmes rien de lui î » {L'Enfant de neige^ 19* des Cent ^^ouvelles nouvelles.)
Mettre au psalterion^ c'était donc mettre aux sept psaumes ; mettre en pénitence, en lieu oii l'on a tout le tems de méditer sur ses sottises , et de s'en repentir, et de réciter unes sept saumes, sans risquer de se voir interrompu. — Ce n'est pas la prison des grands criminels, la prison longue et durable ; c'est celle où l'on ne reste (\\iunes sept saumes, le psalterion.
Naturellement le double sens du mol psalterion [trèlait à l'équivoque , au jeu de mots ; et le bon peuple Gaulois, railleur de sa nature, et qui a toujours aimé le calembour, n'a pas manqué celui-là. Il y a si bien tenu, que voyant le psalterion passer de mode, il a baptisé la prison transitoire du nom de l'instrument qui avait remplacé le psalterion dans la faveur publique : le violon. Les tapageurs nocturnes, ramassés par le guet du moyen âge, allaient passer la nuit au psalterion; au XIX* siècle, ils vontla passer au violon, mais je crois I. 20