‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 148 sur 259 · VILLON. PRIÈRE DE PICARD · texte numérisé non relu

VILLON. PRIÈRE DE PICARD

qu'il leur arrive rarement d'y réciter unes sept saumes. Ceci nous éclaircil un passage de Villon auquel les commentateurs n'ont rien compris. On sait que Villon fut appliqué à la torture de l'eau froide par ordre de l'évoque Thibault d'Aussigny. De quoi le poëte ne perd aucune occasion de lui témoigner sa reconnaissance :

Dieu niercy et Jacques Thibault Qui tant d'eau froide m'a fait boire ; En un bas lieu (non pas en hauit) Manger d'angoisse naainte poire !

Ces vers sont du Grand Testament ; les six premières

strophes du Petit Testament sont consacrées aussi à

l'évèque Thibault :

S'il m'a esté dur et cruel

Trop plus qu'icy ne le racompte,

Je veux que le Dieu éternel

Luy soit donc semblable à ce comptai

Mais l'Église commande de prier pour ses ennemis ? Eh bien , soit ! je prierai pour lui ; mais quelle prière lui dirai-je? Une prière de Picard, c'est-à-dire d'homme qui garde rancune, comme on dit que c'est le caractère des Picards , et même l'origine de leur nom. Ici vient le passage dont je parle :

Au psautier, prens, quand suis à mesme (Qui n'est de bœuf ne cordoucn) , Le verset escript le septiesme Du psaulme de Deus laudem.

Ce psaume est le cvin", dont voici le septième versel : « Fiant dies ejus pauci et episcopatum ejm accipiat alter. »

Voilà sa prière de Picard : « Que ses jours soient

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