UN MIS AU PLURIEL
a très-mal appliqué ici le peu d'indulgence dont elle ait parfois donné des marques. Elle ferait bien mieux de recevoir enfin une foule de mots indispensables et usités qu'elle s'obstine à bannir.
Cependant lorsqu'une femme du peuple dit à sa voisine : Tai acheté we pincette, — fai acheté v^e mou- CHETTE, elle ne commet pas une faute de français, elle ne fait qu'employer un archaïsme, parce qu'en écrivant ses paroles on devrait mettre au pluriel imespincetteSj unes mouchettes. L'objet est un , mais il est composé.
Vous direz unes sept saiimes , vous direz une fois les sept psaumes de la pénitence.
D'unes fausses armes Tarma Le roi qui moult petit Tama.
[La Violelle, p. 90.)
D'un faux écusson d'armoiries.
D'unes forces qu'ot aportées At errant ses iresces coupées.
[Roman de Coucy, 7344.)
D'une paire de forces.
Li rois se lieve por soi apareiliier,
D'unes grans huescs se fit le jour cbaussier.
(Gérard de Viane, 3480.)
« 11 se fit chausser d'une paire de grandes bottes. » Enfin, la règle de l'Académie reçoit un démenti formel de ce vieux proverbe du moyen âge : Iai forces daist le pré ^ équivalent à la phrase moderne : « C'est un mal pour un bien » [Foi'cipes alunt pratuni)^ parce que l'herbe tondue repousse plus épaisse.