BALAI , BALET , BALLE
» vulgaritei* baleys appellamus. » — Il semble résulter des termes du chroniqueur que balai n'aurait pas été alors synonyme iïescmivettes; mais une simple baguette {virgam). Encore que cette remarque soit de Du Gange, je ne pense pas qu'on doive s'y arrêter, parce qu'on trouve balai et balayeur dans des textes du commencement du xiv* siècle. Exemple, dans des comptes de l'église d'Anse : « Porierio minori pro balais, 20 s. ; » pro balayariis , 7 s. 6 den. » (Du Cancp, sous Ba-
LAYAUILS. )
Ensuite, dans le passage de Matlliieu Paris, il s'agit d'un moine qui reçoit un coup de baguette de la main de chacun de ses frères, comme au régiment on passait par les armes. Il est naturel qu'on ait mis dans la main du coupable un balai, comme symbole d'humiliation ; une vergelte n'aurait signifié rien. U me parait donc probable que virgam dans le texte de 3Iatthieu Paris n'est qu'im mot impropre (peut-être faut-il Wrc virgas), et que baleys y signifie bien réellement un balai.
Je n'ai rien découvert de satisfaisant sur l'élymologie de ce mot. S'il me fallait absolument émettre une conjecture, voici celle que je choisirais. Balle en français, en anglais baie, signiliait réunion d'objets, assemblage, « a bundle », dit Johnson; d'où il nous reste ballot et porte-balle. Ballet aura pu se dire d'un faisceau de vcrgettes ou écouvettes; balai signilierail alors G\aciemcul une poignée, le reste sous-cntcndu.
Waller Scott désigne par !e mol baie de petits fagots allumés sur les hauteurs pour servir de signal : « On
DÈS LE POT RON-Ml METTE. 247
» Pencliryst glows baie of fire. » — « Le signal de feu brille sur le Penchryst. » [Le lai du dernier jnénestrel, III, 27.) On ne pent méconnaître l'analogie du sensenire ces faisceaux de broussailles et un balai.
Après cela, aux gens embarrassés, le celtique ne fait jamais défaut : c'est même là sa principale qualité. On a toujours la ressource de dire, avec Trévoux, que balai vient du celtique balaën, un balai.
^ Patron ou Potron-Minette [Se lever dès le).
Un de nos correspondans m'écrit sur cette question, qu'on dit dans sa province : « Se lever dès les chats. » Le Dictionnaire de Trévoux, de son côté, donne comme une expression proverbiale : « Dès que les chats seront chaussés i, id est à la première lueur du jour. Ainsi le nom de Minette représente ici le chat, réputé le plus matineux de tous les quadrupèdes. Et comme le patron est censé toujours le premier levé dans la maison pour activer son monde, le patron Minet ou Minette serait le prototype de la diligence à se lever matin. Voilà pour l'une des formes de la locution.
Mais j'avoue que je condamne cette forme comme altérée, et par conséquent ma conjecture ou mon explication comme fausse. La forme véritable, selon moi, c'est « dès le potron-Minette ».
J'ai expliqué ce mot potron , poutron , en recherchant l'étymologie de poltron. Dans le sens exact et restreint, c'était le petit d'une jument , mais en général, le petit d'un quadrupède quelconque, ce que les