CHAPITRE XYII
Parpaillots. — Quand-pour-Philis. — Prou et autres apocopes en français. — Quelques rccliOcalions à propos de la Chanson d'Antioihe et du poëme de Berte aus gi'ans pies.
Il est triste d'observer avec quelle rapidité s'eflacent et disparaissent de la mémoire des hommes les faits les plus notoires et les plus dignes d'être conservés à l'instruction de la postérité. Et je crois que les événemens tragiques sont encore plus vite oubliés que les autres. Cette disposition de l'esprit humain explique peut-être pourquoi l'expérience du peuple est si lente à se former , « choi'da qui semper oberrat eadem. » Des points historiques contemporains ou peu s'en faut, et qui devraient être aussi clairs que le jour, nous les voyons sous nos yeux s'obscurcir, prendre un caractère d'incertitude , et fournir matière à la controverse et à l'erreur. Que sera-ce des faits lointains !
Les protestans, depuis le xvi* siècle, sont injurieusement appelés/;ar/?ai7/o/5. Ce sobriquet leurvient du nom d'un de leurs chefs les plus célèbres : « Les habitans » d'Orange venaient à la voix d'un ex-priniicier de » l'université avignonnaise, le docteur Parpaille, sujet j> dv- Sa Sainteté, qui l'ajournait (lisez qu'il adjurait) » vivement de brûler les cendres de saint Eulrope, après » avoir fouetté le crucilix dans les rues; dr transfor-