PRENDRE LA MOL'CHE, LA CHÈVRE
française. Dans \e Roland, le païen Marganice se lance sur Olivier, l'attaque par derrière, et lui porte au milieu du dos un coup d'épicu qui traverse la poitrine de part en part :
Et dit après : Un col avez pris fort !
{Roland, IIL 511.)
« Vous avez pris un coup un peu fort », c'est-à-dire vous avez reçu.
De même , prendre la mouche , c'est en être piqué. Et celui qui fait attention à cette piqûre de mouche , qui s'en irrite , en vérité se fâche pour peu de chose , se montre trop susceptible.
L'expression napolitaine ne laisse pas. d'équivoque : « Vent la mosca, adirarsi, montar in collera. »
Quanno a lo maro la mosca le vene.
(Fasano.)
« Quand la mouche vient au bonhomme, (juand le bonhomme prend la mouche. » (Vocab. nap., au mot Mosca.) — Le Toscan dit : « Saltar la mosca. »
Mais cette question à peine vidée, j'en prévois une autre. Vous m'allez demander pounpioi l'on dit : Prendre la chèvre , et comment on peut ajuster à prendre la chèvre l'explicalion que j'ai domiée de prendre la mouche ? Elle ne s'y applicpie point en elfel : c'est aulre chose, encore que les deux expressions soient de forme identique. Il faut, en élymologic surtout, se défier des ressemblances.
Prendre la chrtrre , c'est se faire chèvre » revêtir lo