COMMENTATEURS DE LA FONTAINE
El ce dicton picard à l'enlour fut écrit : « Bieux chires leus, n'écoutez mie » Mère tincbent sin fiu qui crie. »
Est-ce par allusion à l'histoire de ce loup qu'on dit encore en Picardie ein pover leu, pour un pauvre diable? « Chest ein pover leu ! » terme de compassion, de commisération affectueuse. Cela donnerait à penser que La Fontaine avait puisé cet apologue à une source picarde, car pourquoi « ce dicton picard »? Les commentateurs n'y ont pas fait la moindre attention ; en revanche ils sont fort exacts à nous donner la liste des auteurs grecs, latins, italiens, espagnols, allemands et hollandais, voire des orientaux chez qui le fabuliste aurait pu trouver le sujet de sa fable. Probablement La Fontaine n'en connaissait-il pas un , et celui qu'il connaissait est-il le seul aussi qui soit demeuré inconnu à ces messieurs ?
On attacherait du prix à posséder le texte dont La Fontaine s'est inspiré dans tel ou tel apologue. La comparaison du point de départ et du point d'arrivée pourrait offrir la matière d'une étude intéressante et profitable en faisant voir comment le génie a su fertiliser et semer de fleurs un champ stérile. Bien entendu, la première condition serait la certitude d'avoir sous les yeux l'original authentique de La Fontaine. Mais nous en sommes bien loin ! On nous produit pour une fable vingt ou trente indications, et puis choisissez ! On poursuit le dénombrement de tous les auteurs qui, depuis le commencement du monde, ont raconte cet