‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 182 sur 259 · COVIELLE, MASQUE NAPOLITAIN · texte numérisé non relu

COVIELLE, MASQUE NAPOLITAIN

contemporain (1) , ne pouvaient se sauve?' des mains (le Molière. C'est de là aussi que peut avoir été rapporté ce nom bizarre de Covie/le, dont il ne paraît pas qu'un auteur français se soit jamais servi avant ni depuis le Bourgeois gentilhomme :

In abilo Scarnecchia da Coviello, Tinta di bracc l'una et Taltra ^uancia, Ft pcr sua spada sfodera un fusccllo.

Ch' ha '1 porno d'una bclla mclarancia.

(Lippi, XI, st. 51.)

«Scarnecchia, en costume de Covielle, les deux » joues ornées d'une moustache de charbon, et dégaî- » nant pour épée une brochette dont le pommeau est j) une belle grosse orange. »

Coviello, dit Minucci, nom abrégé àe Jacoviello, est un masque napolitain; il représente un bravo imbécile, qui porte des moustaches à l'espagnole, tracées avec du charbon, et une brette à laquelle sert de pommeau une pomme, une orange ou quelque fruit semblable.

La scène dans \q Bourgeois gentil/tomme es\. à Paris; tous les personnages sont français, excepté le valet de Cléonte, ce Covielle, qui est Napolitain. Pourquoi? C'est une attention de Molière, qui, je crois, n'a pas encore été remarquée, d'avoir introduit auprès de ses amoureux, même en des sujets français, ces valets italiens qui seront chargés de conduire Pinlrigue et d'inventer des moyens parfois exlravagans. La nationalité de ces personnages sauve d'autant l'invraiseniblance de leurs

(I , L'auteur de la Guerre comique.

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