‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 183 sur 259 · COPIES RÉPANDUES DU MALMANTILE · texte numérisé non relu

COPIES RÉPANDUES DU MALMANTILE

expcdiens. Dans Monsieur de Pourceaugnac , Sbrigani est aussi un Napolitain; Scapin, dans les Fourberies, Mascarille, dans XÉtounli et dans le Dépit amoureux, portent le costume italien (1).

Je dois prévenir une objection. Les trois premiers actes de Tartufe furent joués à Versailles , au mois de mai 1664, précisément l'année de la mort de Lippi, et le Malmantile ne fut imprimé que douze ans plus tard, en 1676, lorsque Molière était mort depuis trois ans. Comment donc Molière aurait-il pu tirer parti du poëme de Lippi?

La solution de cette difficulté est toute simple : Philippe Baldinucci , dans la notice qu'il a composée sur son camarade Lippi, nous apprend que, du vivant même de l'auteur, il s'était répandu de son poëme d'innombrables copies manuscrites [moltissime copie), nonseulement en Italie , mais par toute l'Europe. Ainsi, le savant abbé Panciatichi raconte qu'étant présenté au roi, en compagnie de plusieurs gentilshommes llorenlins, ses compagnons de voyage, Louis XIV lui dit gracieusement ces propres paroles : « Monsieur l'abbé, » vous me trouvez en train de lire votre amusant Mal- » mantile (2). » A celte occasion, Panciatichi rapporte

(1) Il est vrai que, dans les Fourberies, la scène se passe à Naples, et dans V Étourdi à Messine ; mais on ne tient guère compte de ces indications pour le costume des autres personnages. Dans le Dépit, le lieu de l'action n'est point marqué : je l'ai toujours vu jouer avec le costume français, sauT Mascarille; apparemment c'est la tradition.

(2) « Il rè lo ricevé con queste Tormali parole : Siguor abbate, io » stavo leggendo il vostro grazioso Malmanlile. »

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