MOLIÈRE FURETEUR DE LIVRES
qu'on vit un jour le roi d'Angleterre la main posée sur un manuscrit du Malmantile ouvert sur sa table. Et tout cela, observe Baldinucci, longtems avant que Minucci eut fait paraître la première édition de cepoëme.
C'est l'histoire de la Pucelle de Voltaire. Quand cette Piicelle fut imprimée, en 1755, il y avait dix ans qu'elle courait le monde ; et les copies , qui d'abord s'étaient vendues jusqu'à mille écus, étaient tombées à un louis (1).
Cette anecdote montre le soin qu'apportait Molière à se tenir au courant de tout ce qui pouvait l'aider dans son art. Nous le voyons ici fouiller jusque dans un livre italien inédit, pour y découvrir quelque élément comique, que son génie savait s'approprier de façon à couper désormais le chemin à un second emprunteur.
La scène du sac, dans les Fourberies de Scapin, mo paraît aussi avoir été inspirée par un épisode du 3/*^//mantile. Je veux mettre le lecteur à même de juger de cette vraisemblance ; ce sera en m^^me tems une occasion de lui faire connaître le caractère d'un ouvrage autrefois si célèbre, aujourd'hui si inconnu.
Brunetlo est à la recherche d'une femme pour son frère. Cette femme, dont Nardino est tombé amoureux à en mourir, sans l'avoir jamais vue , doit présenter certaines conditions de beauté, ontro autres, d'être parfaitement et rialurelliMnont rose et blanche. Notez lutturcllcmcnt. brunetto se met en route, suivi
(1) Voyei la correipondance de Voltaire, à D'Arget, 13 Juin 17.1», elColini, Mon séjour auprè$ de Voltaire, p. 145.