‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 197 sur 259 · A PÉRIPHRASES DE PENDU · texte numérisé non relu

A PÉRIPHRASES DE PENDU

du mot pendu ^ tout uniment. Ainsi celte ninnière

de parler, qui revient plusieurs fois dans la Satire

Ménippée , ne doit guère remonter plus haut que le

xvi" siècle.

Le peuple s'est toujours plu à déguiser cette idée

sinistre de pendaison sous une périphrase comique et

pittoresque. Les Latins disaient : faire un 1 de son

corps, ou plutôt, faire la lettre longue. Dans Plante, la

vieille Slaphyla : « Le meilleur parti qui me reste, c'est

» à l'aide d'un licou, de faire de mon corps la lettre

» longue (1) ! » Les Italiens modernes disent : « envoyer

en Picardie », par allusion allitéralive de in Picardia

à impiccare. — « Quand un déserteur se laisse prendre,

sans autre forme de procès, on vous l'envoie chaud

chaud en Picardie. »

Perché uno che il soldato a fer s*è mcsso, Mentre dal caiiipo fuggc e si travia, SeDdo trovalo, vieil scnza processo Caido caido mandata in Picardia.

(Lippi, IV, «t. 27.)

Les Italiens usent encore d'autres circonlocutions : Andare aLonyone; — atularc a Fuligno (a fune e legno ) ; • — dar de' calci al venta; — ballar in campa azurro, etc.

De môme ^tre aux galères se dirait jadis chez nous faucher le grand pré,

1 UossK ; Donner dans la bosse. — On ne m'accusera pas d'empiéter sur le terrain do l'Académie française,

(t) Aul%Uariai\, u

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