A PÉRIPHRASES DE PENDU
du mot pendu ^ tout uniment. Ainsi celte ninnière
de parler, qui revient plusieurs fois dans la Satire
Ménippée , ne doit guère remonter plus haut que le
xvi" siècle.
Le peuple s'est toujours plu à déguiser cette idée
sinistre de pendaison sous une périphrase comique et
pittoresque. Les Latins disaient : faire un 1 de son
corps, ou plutôt, faire la lettre longue. Dans Plante, la
vieille Slaphyla : « Le meilleur parti qui me reste, c'est
» à l'aide d'un licou, de faire de mon corps la lettre
» longue (1) ! » Les Italiens modernes disent : « envoyer
en Picardie », par allusion allitéralive de in Picardia
à impiccare. — « Quand un déserteur se laisse prendre,
sans autre forme de procès, on vous l'envoie chaud
chaud en Picardie. »
Perché uno che il soldato a fer s*è mcsso, Mentre dal caiiipo fuggc e si travia, SeDdo trovalo, vieil scnza processo Caido caido mandata in Picardia.
(Lippi, IV, «t. 27.)
Les Italiens usent encore d'autres circonlocutions : Andare aLonyone; — atularc a Fuligno (a fune e legno ) ; • — dar de' calci al venta; — ballar in campa azurro, etc.
De môme ^tre aux galères se dirait jadis chez nous faucher le grand pré,
1 UossK ; Donner dans la bosse. — On ne m'accusera pas d'empiéter sur le terrain do l'Académie française,
(t) Aul%Uariai\, u