VOLTAIHE ET LES PLURIELS EN ANS
» pn prononçait jom, surpris. » (Page 87.) En d'autres termes, op annulait dans la prononciation certaines consonnes. C'est ce qui a lieu encore aujourd'hui , et particulièrement pour le mot temps, si bien que le p s'écrit et ne se prononce pas. Ce mutisme d'une des trois consonnes diminue d'autant la légitimité de sa proscription. « Les yeux le voient, mais l'oreille ne l'entpnd pas », comme l'a si bien dit M. Génin , quand il défend l'accumulation des consonnes du moyen âge. (Page 88.)
» Par conséquent, au nomderétymologie,et d'après le propre exemple de 31. Génin, il paraît indispensable de mettre au mot temps ce p que Voltaire avait proscrit, et que M. Génin proscrit comme lui, au nom du moyen âge et de l'euphonie, mais seulement en principe. Il a jugé , dans la pratique , que ce n'était pas là « une de ces consonnes parasites dont nous sommes » encore empêtrés. » (Page 88.)
» La suppression de Voltaire est donc condamnée au tribunal de M. Génin lui-même, qui nous dicte ainsi la loi qu'il faut suivre; car il est maître passé en la matière.
» Arrivons à la seconde partie de la question :
« Faut-il laisser subsister le t au pluriel des sub- » stantifs et des adjectifs terminés en ant^ eut ? »
» M. Génin l'a également traitée au point de vue historique et théorique.
a Nos grammairiens modernes prescrivent d'ajouter » une s tout simplement(au singulier) : Grafid, grands ; » enfant y enfants; moment^ moments.
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» Nos pères n'en usaient pas ainsi. Le t était la finale » euphonique caractérisant le singulier ; Y s était celle » du pluriel. On substituait l'une à l'autre , on ne les » accumulait pas. » (Page 771.)
» Les passages à l'appui abondent aussitôt, etM. Génin les fait suivre de cette conclusion : « Ces passages rap- 39 proches démontrent clairement l'intention de la règle. » A quoi est destinée la consonne finale ? A pratiquer la » liaison sur le mot suivant. Une seule y sufïit. Le sin- » gulier se Ue par le /, le pluriel par Vs; ts forme un j» double emploi, et prouve l'ignorance complète des prin- » cipes. Je demande que, dans tout ce qu'il existe de ma- » nuscritsdu moyen âge, on me fasse voir un exemple, » un seul, A' enfants écrit par ts. » (Pages 80 et 81.)
« Quand Voltaire proposait de supprimer au pluriel » le / et d'écrire : enfans ^ mouvemens , il était remis » dans le bon chemin par son instinct admirable de la » langue française ; il suivait l'inspiration secrète dont » furent animés à un si haut degré La Fontaine et » Molière. Si Voltaire eût conim les monuments littét raires du xii" siècle, il eût appuyé sa réforme sur des » arguments victorieux. » (Page 81.)
» L'argument que /5 forme un double emploi ne parait pas aussi victorieux qu'on l'annonce, et, loin de former ce double emploi , les lettres ts me paraissent appartiMiir à deux éléments bi«Mi distincts, le radical d'une part, et la terminaison de l'autre. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à jeter les yeux sur les mots latins : in font ■ es f amant-es , prudent-es; il est sur, pour un