‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 219 sur 259 · GALLICISMES PERDUS · texte numérisé non relu

GALLICISMES PERDUS

Leur prédécesseur Theroulde n'y a pas trouvé l'ombre d'une diflicullé :

Qui qu'es rappelt ja n'en retourneront!

Qui qui les rappelle, et encore avec la faculté de syncoper qui les en une seule syllabe, qu'es. Il est vrai que c'était l'enfance de l'art; aujourd'hui que cet art est perfectionné, cette concision est impossible. Le poëte devra agencer quatre vers pour remplacer qui qu'es. Quel bénéfice pour la pensée !

Le peuple s'en moque, et, n'étant ni académicien ni grammairien, il dit à la manière du vieux Theroulde :

Qui qu'a fait c'te chanson?

C'est trois jolis garçons.

Fi ! quelle bassesse de langage ! Disons, monsieur, avec le sentiment de notre dignité : Qui est-ce qui a fait celte chanson ? Ce sont trois jolis garçons. A la bonne heure ! voilà parler, cela ! 0 Malherbe ! ô Balzac ! ô Vau gelas ! que devenait la langue française, si vous ne fussiez enfin veims? La-seule pensée en lait frémir : elle courait risque de garder sa liberté ! le pire des maux pour une langue comme pour un peu[)le.

Permettez toutefois que je donne un rcgrcl on passant à tant de beaux et bons gallicismes immolés à la dignité de notre rhétorique moderne. L'histoire en serait longue, et lamentable connne un martyrologe. Le seul chapitre de qui, que et quel fournirait la matière d'un demi-volume. Je ne saurais me tenir de rappeler deux emplois de qui aujourd'hui supprimés :

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