DE CENT TEMS QUATRE
ainsi ils diront : cent tanz, mille tanz, pour cent fois, mille fois. Exemples :
« La damoisele li dist : Or, sire chevalier, veistes vos » onques plus beau lit de cestui ne plus riche ? — Damoi- » sele, fet il, j'ai veu cent tanz plus bel et plus riche » que cist n'est, » (Gauthier Map, la Charrette, p. 10, in-â».)
Une ne fustes tel jor si pleins Que vos or cent tanz n'aiez meins.
(Benoît, Chron. des ducs de Xormandie, III, p. 182.)
a Vous n'avez jamais été si riche que vous ne soyez aujourd'hui cent fois plus pauvre. »
Chrestien de Troyes dépeint l'amour réciproque de Lancelot et de la reine Genièvre. Si elle l'aimait bien , il l'aimait cent fois davantage :
Et s'ele à lui grant amor ot, Et il cent mile tanz à li.
(LaCharretie, v. 4663, in-4».)
Lambert le Court nous montre Tarmée d'Alexandre si vaillante et si dévouée, que l'ennemi, eùt-il été sept fois plus nombreux, ne pouvait lui tenir tête :
Et ele est en batalle por lui si embras(?e, Que VII tanz d'autre gent ni avoient durée.
{Rom. d'Alexandre, p. 23, v. 21.)
D'après cela, je regarde la locution qu'il s'agit d'expliquer comme un archaïsme transmis du xii* siècle. Je l'écrirais de cent tanz quatre, c'est-à-dire quatre lois sur cent : // réussit de cent, tems quatre.