COUSTRE, CUISTRE
la transformation de custor, employé au moyen âge pour custos, à l'imitation des Latins, qui disaient indifféremment arbor et arbos, honoi' et honos.
Dans cette basse latinité, on avait fait de custodia custoderia, et de custoderia, par syncope, cuistria : « oiïîcium cuistriœ. » Du Gange en cite des exemples du xu'^ siècle. Ainsi cuistre, cuistrerie ne signifient étymologiquement autre chose que gardien, garde,
Cousire est la forme plus ancienne , cuistre est la forme plus moderne. Le mot allemand kûster, qui est aussi un nom propre , signifie un sacristain, celui qui prend soin. des vôtemens ecclésiastiques, de l'ornement de l'église, etc. Seulement les Allemands n'ont jamais eu l'idée de transformer cette appellation en insulte.
Il y avait des coustres de toute sorte : le cousire de l'autel, le coustre du chœur, celui de la croix, etc. On en peut voir le dénombrement dans Du Cange, au mot CusTOS. Mais je ne veux pas omettre de mentionner le coust7'e des petits en fans (custos puerorum infantium), c'est-à-dire le gardien ou gouverneur des oblats du monastère. C'est de là, selon toute apparence, que cette dénomination de coustre ou cuistre a passé dans les collèges.
Les cuistres donc sont originairement des servileiu's d'église , et Réranger ne croyait peut-être pas dire si vrai, lorsqu'il clianlail, dans les Capucins : « L'église est l'asyle des cuistres. »
Hacliaumont aussi emploie ce mot dans sa véritable el piimilivc acceplion. A la date du 5 août 1772, il