‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 240 sur 259 · LE TAILLEUR SOL'S LOUIS XIV · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR SOL'S LOUIS XIV

nom ; ce n'est plus qu'une ombre, en attendant que cette ombre ait achevé de s'évanouir. Du tems de Molière et de Regnard, les piliers des halles étaient, un des monumens de Paris. A présent tout le monde se sert du tailleur. Le tailleur a gagné autant de terrain que le fripier en a perdu, et la première profession en se multipliant s'est aussi modifiée et subdivisée. Je ne parle pas des anciens tailleurs du roi, gros seigneurs, et à qui leur titre conférait la noblesse; ne prenons la chose qu'au xvii' siècle, sous Louis "XIV; écoutons la conversation de M. Jourdain, en 1670 :

« M. Jourdain. Vous m'avez envoyé des bas de soie-

» si étroits, que j'ai eu toutes les peines du monde h

» les mettre, et il y a déjà deux mailles de rompues.

» Le 3lAiTRE TAILLEUR. Ils ne^ s'éUirgiront que trop.

» M. Jourdain. Oui, si je romps toujours des mailles.

» Vous m'avez fait faire aussi des souliers qui me

«blessent furieusement La perruque et les plumes

» sont-elles comme il faut?

» Le 3L\îtue tailleur. Tout est bien. » Ainsi, voilà le maître tailleur qui fournit, outre les habits d'étoffe, les bas, les souliers, la perruque et le chapeau à plumes. Il cumule quatre différentes proiessions d'aujoui'd'hui. En revanche, le tailleur de 1070 n'était point marchand de drap.

4 M. Jourdain. Ah! ah! monsieur le tailleur, voilà » de mon étoffe du dernier habit que vous m'avez fait: » je la reconnais bien.

Page 1