‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 246 sur 259 · CENDRE MIS POUR TOMBEAU · texte numérisé non relu

CENDRE MIS POUR TOMBEAU

l'autorité de l'auteur des Remarques sur la langue française, qui condamne comme ridicules, absurdes, ces vers de Sémiramis :

Arrête et respecte ma cendre!

Quand il en sera tems, je t'y ferai descendre.

(Acte m, se. VI.)

« Si Ninus, en son vivant, s'exprimait comme Ninus » en cendre, la reine Sémiramis est moins coupable r> qu'on ne l'a cru. » {Remarques, I, 3/i2.)

Le mot est vif et joli, mais il paraît un peu dur. Quoi donc, M. F. Wey voudrait-il permettre d'assassiner tous ceux qui parlent mal français ? Nous n'aurions plus qu'à recommander notre âme à Dieu, et je ne sais trop si l'auteur des Remarques lui-même serait parfaitement en sûreté. Sémiramis n'est pas si coupable qu'on l'a cru? Les avocats de mesdames Lafarge et Lacoste ont bien oublié de faire valoir cette circonstance atténuante et l'exemple de Sémiramis ! Non, non : quelque passion qu'on ait pour la grammaire, il sera toujours excessif de la venger par l'arsenic el le poignard, (lombien plus rassurante et plus salutaire à la santé des époux est la doctrine de Juvénal, qui réclame pour le mari de la femme savante la permission de faire impunément un solécisme : « Solœcismum liceat fecisse marito ! »

Labarpe, après avoir cité les deux vers qu'on vient de lire, y avait fait ce commentaire :

« Cela signifie proprement : Je te ferai descendre I. 36

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