‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 249 sur 259 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Collaliou. — Pique-nique. — Papelard. — Papegaut , papefigue. — Chiquenaude. — Chipper. — Chiffe et chique. — Chicotin. — Gringue, radical dans gringuenaude, griguolter, etc.

T Collation. — Un correspondant de qui la lettre s'est égarée , mais qui reconnaîtra sa question , me demande l'origine de ce mot collation pour désigner un léger repas. Je n'ai pu, dit-il, parvenir à saisir aucun rapport entre l'idée de ce repas et le sens du verbe con ferre, dont le supin collatum a évidemment formé collation. .

Ce terme nous vient des coutumes ecclésiastiques. Dans les monastères on faisait, après le souper, qui avait lieu de bonne heure, une lecture de l'Ecriture sainte ou des Pères. Les moines échangeaient leurs observations sur le texte ; les uns faisaient des objections, d'autres y répondaient. Cet exercice, que nous appelons une conférence, ils l'appelaient collatio; lu racine de l'un et de l'autre nu>t est toujours le verbe con ferre. Au sortir de là, on prenait quelques légers rafralchissemens, et l'on s'allait coucher.

Au chapitre h1 de la règle de Sainl-Henoit : « Eu » se levant de souper, les religieux s'assembleront

COLL.VnON, LÉGER REPAS. /i*29

» en commun ; l'un d'oux fera la lecture dans les » Conférences (légat unus collationes) ou la Vie des » Pères, ou quelque autre livre édifiant pour tout le » monde. »

« Ces collations ( conférences ) monastiques , dit » Du Gange, à la suite desquelles on allait se rafraî- » cliir, ont fait donner le nom de collation au repas » du soir. »

En carême et les jours de jeune, l'Eglise prescrit de remplacer le souper par une légère collation : c'est un doigt de vin, quelque tartine de confitures, des fruits, un morceau de chocolat, une rôtie au sucre, etc. Marot nous a laissé là- dessus une épi-

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