CHAPITRE Iir
Deux lettres à M. le directeur de V Illustration (1832) coolenant des exemples de locutions usuelles ou proverbiales qui demanderaient à être éclaircies. — Origine de ce livre.
A Monsieur le Directeur de Lllhfstratian.
Monsieur, je ne veux pas médire des rébus; ce sont de petits jeux innocens où quelques-uns de vos lecteurs ont acquis une habileté que je nie plais à admirer, sans pouvoir y prétendre. Croiriez-vous, monsieur, que je n'ai jamais su en lire un seul , et que tout au plus puis-je y parvenir en mettant la traduction en •regard , lorsque vous me donnez l'explication dans le numéro suivant? Plaignez-moi, mais permettez-moi aussi de vous proposer, pour l'année 1853, une suite de problèmes à mettre à côté de vos énigmes pittoresques , et qui me semblent de nature à plaire aux lecteurs éclairés de V Illustration.
Je vous propose de publier chaque semaine un ou plusieurs problèmes philologiques . j'entends ces locutions proverbiales, ces façons de parler populaires, dont l'origine s'est perdue dans la routine des lexicographes, et dont l'acception a souvent été dénaturée, tnôme chez les bons écrivains qui n'ont pas fait leurs études aux sources du langage. J'ai noté un nombre infini de ces locutions dont j'ai recherché le sens ailleurs que dans
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les dictionnaires ou dans les recueils qu'on nous a donnés sur l'origine des proverbes. Ce que j'ai fait, d'autres le pourraient faire, mais combien peu en ont le goût, le tems et le courage ! Le goût, je me trompe : tout le monde aimerait à savoir; c'est pourquoi je vous propose d'ouvrir cette sorte de concours auquel prendront part, n'en doutez pas, de sa vans académiciens, des lettrés , des gens du monde, et qui ne sera pas sans profit pour l'instruction générale.
Demandez donc l'origine et la significalion de celle locution : Chanter poiùllc à quelquun ?
D'oii vient l'usage d'écrire sur l'enveloppe d'une lettre : A Monsieur, Monsieur. Pourquoi cette répétition ?
Ma cuisinière me demandait bier si elle me ferait pour dîner un haricot de mouton aux pommes de terre. Ma cuisinière doit parler ainsi ; mais j'ai le droit de me demander ce qu'a de commun du mouton coupé en petits morceaux avec un baricot , surtout quand ce mouton est cuit avec des pommes de terre.
Ceci m'amène au mot h/iricoier, hnricoter an Jfu, qui se lit, sans aulre observation, dans la plupart des dictionnaires.
Recueillez les réponses, monsieur : vous les publierez si elles vous paraissent bonnes, sinon et fautt* de mieux je vous olïre les miennes, et nous continuerons ce jcu-Ià autant que cela pourra plaire à vos lecteurs.
Agréez, elc. F. G.