‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 35 sur 259 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

A Monsieur, MoDStear. — Superlatirs formés par répélition. — Chanter pouille. — Haricot de mouton, haricoter. — h parasite. — Substitution des liquides.

A Monsieur, Monsieur. — Pourse rendre compte de l'usage d'écrire deux fois monsieur sur l'adresse d'une lettre, il faut d'abord se reporter au sens de ce mot, que la banalité de l'habitude a presque oblitéré. Sieur est la contraction de seigneur; monsieur est donc une expression de déférence.

La manière primitive et la plus naturelle de former un superlatif c'est de répéter le positif. Les enfans n'y manquent pas ; ils vous diront : Un grande grand, grand homme 1 — Il était petite petit! C'est l'origine du bonbon et àwbobo. — «Beau-beau, ditLeDuchat, que plusieurs » écrivent bobo, se dit des enfans à qui, pour leur faire » oublier un petit mal, on dit par llatterie en soufflant » sur l'endroit, qu'ils sont bpaxtœ-beaua:, c'est-à-dire » très beaux. » {Ducatiana, 2* partie, p. 461.)

Je croirais plutôt que bau est une sorte d'interjection, onomatopée de l'enfant qui gémit, ou de la nourrice qui s'associe à son chagrin. Mais que ce soit l'un ou l'autre, il n'importe pas au but de l'exemple : il y a toujours superlatif formé par répélition.

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