‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 44 sur 259 · UN ÉLÈVE DE M. NODIER · texte numérisé non relu

UN ÉLÈVE DE M. NODIER

Vovez où l'envie de se moquer de M. Joseph Bard et de sa devise a emporté M. Francis AVey !

Oui, mais qui rit d'autrai

Doit craindre qu'à son tour on rie aussi de lai !

C'est pourquoi nous ne profiterons pas de l'occasion, encore qu'elle soit bien tentante.

Quand M. Francis Wey composa ces Remarques , il éiaii jeune et superbe; il se destinait à recueillir la succession de M. Nodier, et commençait toujours par se mettre en possession des manies de son maître, en attendant le reste. Ces manies, qu'il exagère, cela va sans dire, c'est le dénigrement perpétuel de Voltaire, le mépris des cuistres de l'université , l'horreur des nouvelles mesures décimales, etc. Il a le verbe haut, le ton tranchant, la plaisanterie arrogante, non-seulement avec les pauvres petits contemporains , mais encore avec les noms les plus illustres du xvni* et du xvn* siècle. A l'heure qu'il est , M. Francis Wey doit être bien revenu de tout cela! Ce n'est pas aujourd'hui qu'il traiterait aussi cavahèrement € les sots grammairiens de l'école de Voltaire ; ■ — les poétereaux guindés de l'école deParny » ; — qu'il prétendrait ridiculiser et corriger la prose de Zadig et de Candide; — que, pour se donner le plaisir de flageller Voltaire, il lui prêterait un langage que Voltaire n'a jamais tenu ; — qu'il bernerait le style de Télémaque ; reprocherait à Bossuet les fautes de français à outrance de ses Oraisons funèbres, et le comparerait, Bossuet ! à Quinault pour la fadeur

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