‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 45 sur 259 · FEU, ADJECTIF OU ADVERBE · texte numérisé non relu

FEU, ADJECTIF OU ADVERBE

(les épilhètes!... Et naturellement les doctrines sont en harmonie avec les allures. Ce sont péchés de jeunesse, depuis longtems sans doute expiés par un salutaire remords ; oublions-les , nous ne demandons pas mieux : ce n'est pas nous qui nous croyons en mesure de jeter à personne la première pierre. Cependant la juste notoriété qui s'attache au nom de M. Wey, dans les matières de philologie française , ne permettait pas tout à fait de le tenir quitte pour un acte de contrition intérieure : encore fallait-il bien mettre sur leurs gardes les âmes simples qui, comme notre correspondant rémois, seraient disposées à mettre une confiance illimitée dans les Remarques sur la langue française^ sur le style et la composition littéraire.

Feu. — L'Académie, sans définir ce qu'il est, le déclare invariable. Il faut dire : feu la reine. C'est apparemment un adverbe?

Non, car l'Académie prescrit de le mettre au féminin dans celte phrase : la feue reine. C'est donc un adjectif ?

Non, car l'Académie défend de le mettre au pluriel : les feu rois.

Pourquoi? — Ah ! pourquoi ? Ces deux syllabes sont le pivot de toute la philosophie; la j)hilosophi(> n'a rien de comnmn avec les oracles, et l'Académie ne rend que des oracles. Sans nous mettre l'esprit à la torture pour accorder ensemble les trois parties de celui-ld ,

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