FEU REPRÉSENTE LE LATIN FUIT
cherchons de notre côté l'étymologie de feu et son état civil dans la langue française.
Feu représente le latin fuit. Dans les actes du moyen àffe, on mettait, après le nom d'une personne décédée, (pà ou quœ fuit. Le mot défunt n'était pas encore créé. Ce qui fuit entrait sans difticulté dans les textes français comme une locution faite. C'est ainsi que nous disons : un mariage in extremis; je n'ai qu'un as per SE , c'est-à-dire tout seul , non accompagné , et non {jercé. Une charte de l'an i311, citée dans Du Gange au mot Qui fuit, débute par cette phrase : — « Nous » Félisse et Marguerite de Chatelz, suers (sœurs), filles » Richardin lou woyel (le métayer) qui fuit. »
Plus tard, on traduisit ces mots latins, mais en conservant la formule consacrée : on disait qui fut, au lieu de qui fuit.
Ainsi, (l3ins,\es Cent Nouvelles nouvelles, rédigées au milieu du xv* siècle : « De bonne adventure la dame » qui fut vint à ce heurt (22* nouvelle). » La dame qui fut , c'est-à-dire la défunte maîtresse , parce qu'elle s'était mariée à un autre que son premier amant.
Dans la 26' nouvelle, oii il s'agit d'un amant infidèle surpris de môme par une amante délaissée : « Or, » tandis que Girard devisoit avec sa dame, celle qui » fut s'en vint à sa chambre, etc.. »
Dans la 35« nouvelli\ intitulée l'Echange , un chevalier reçoit l'hospitalité dans un château dont la dame se trouve une ancienne amie du survenant : « L'oste » qui devisoit avec sa dame qui fut.., »