‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 47 sur 259 · FEU DOIT ÊTRE INVARIABLE · texte numérisé non relu

FEU DOIT ÊTRE INVARIABLE

La Fontaine a imité celte expression dans les Tro-

queurs :

Qu'en advint-il? un jour, parmi les bois,

Etienne vit toute 6ne seulelte,

Près d'un ruisseau, sa défunte Tiennelte.

Sa Tiennelte qui fut.

Il est évident, d'après cela, que /ew, transformé de fuit, ne peut être employé qu'en qualité ^'adverbe , et qu'écrire au féminin : Id feue reine, est une faute. Le vieux Coquillart n'avait garde d'y tomber :

. . .La grant Alison, Laquelle tenoit ce mignon, Et l'entretint longtems, et l'eut, Comme on dit, par succession.

De sa feu tante qui mourut.

{L'enquête de la Simple et de la Rusée.)

Les Italiens disent de môme : la fù madama, la feu madame.

Ménage, qui faisait des étymologics au hasard cl avec son imagination, veut l'accord, parce qu'il dérive feu de felix. Il sufiisait à Ménage de la ressemblance même très-éloignée de deux mots, pour conclure aussitôt à leur lilialion. Il a laissé une école qui est encore aujourd'hui glorieusement représentée. Voici , selon Ménage, comment la déduction s'était opérée : Feli.i, — fd'licis, — felice, — felce, — feu. Pas un exemple à l'appui , cela s'entend : tout s(> passe dans la l«Me de l'inventeur.

Le père Bouhours combat Ménage, et soutient feu

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