FEU DOIT ÊTRE INVARIABLE
La Fontaine a imité celte expression dans les Tro-
queurs :
Qu'en advint-il? un jour, parmi les bois,
Etienne vit toute 6ne seulelte,
Près d'un ruisseau, sa défunte Tiennelte.
Sa Tiennelte qui fut.
Il est évident, d'après cela, que /ew, transformé de fuit, ne peut être employé qu'en qualité ^'adverbe , et qu'écrire au féminin : Id feue reine, est une faute. Le vieux Coquillart n'avait garde d'y tomber :
. . .La grant Alison, Laquelle tenoit ce mignon, Et l'entretint longtems, et l'eut, Comme on dit, par succession.
De sa feu tante qui mourut.
{L'enquête de la Simple et de la Rusée.)
Les Italiens disent de môme : la fù madama, la feu madame.
Ménage, qui faisait des étymologics au hasard cl avec son imagination, veut l'accord, parce qu'il dérive feu de felix. Il sufiisait à Ménage de la ressemblance même très-éloignée de deux mots, pour conclure aussitôt à leur lilialion. Il a laissé une école qui est encore aujourd'hui glorieusement représentée. Voici , selon Ménage, comment la déduction s'était opérée : Feli.i, — fd'licis, — felice, — felce, — feu. Pas un exemple à l'appui , cela s'entend : tout s(> passe dans la l«Me de l'inventeur.
Le père Bouhours combat Ménage, et soutient feu