‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 5 sur 259 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

gnage des mœurs et du langage de nos aïeux. A l'égard des mœurs et des faits, l'histoire a déjà su tirer de ces vieux monumens un parti considérable, mais je ne vois pas que la même chose ait eu lieu par rapport à la langue. On étudie, c'est fort bien ; mais rien ne servirait d'étudier sans cesse, s'il ne venait pas un moment de faire l'application de ses études. Or, en quoi la langue moderne doit-elle bénéficier des études faites sur la langue ancienne ? Quel fruit doit en résulter pour le présent et même pour l'avenir? Assez d'observations doivent avoir été amassées pour qu'on put nous faire entrevoir la réponse à cette question. Personne ne prend la parole pour la traiter; cependant il ne manque pas de gens habiles qui pourraient dès aujourd'hui la résoudre. Eh bien, je me suis décidé à donner à mes dépens l'exemple d'une tentative à marquer ce trait d'union entre les deux langues françaises. J'ai voulu me rendre compte de ce que j'avais gagné à lire nos vieux auteurs, et je mets ce compte sous les yeux du public, dans l'espoir d'engager quelqu'un à mieux faire. Telle est l'occasion de ce livre.

Il a été composé dans le but de faire réfléchir sur lu langue française, sur ses origines, son génie et ses ressources. Ce sont là les trois points sur lesquels j'essaie d'ouvrir quelques aperçus. Si je parvenais à répandre ces idées telles que je les conçois, je croirais avoir bien mérité des lettres, car l'étude de nos origines affermirait les écrivains dans la direction du génie de notre langue, et les retiendrait dar;s ses limites en leur en

Page 1