GUILLEMETTE
En un tel ord vilain bronstier!
Brontier pour broutier, comme couvent et couvent; montier et moutier, etc. C'est ainsi que porte Tédition princeps de lZi90. Toutes les autres ont substitué à ce mot qu'on ne comprenait plus, putiei\ bruytier^ bruhiei\ etc.
Dans les Comptes de Saint-Pierre en l'Isle , de l'an 1^02 : a Item, le dymenche une broutée de poisson » doit pour estalage trois deniers. » (Du Cange, sous Broueta et Broutarius.)
Bien plus, les anciens ont connu la brouette, ou du moins ont appliqué le principe de statique sur lequel elle repose; car ils avaient un véhicule à une seule roue , dont le nom était pabo. « Pabo , dit Isidore , » vehiculum unius rotce. »
Comment donc s'est accréditée l'opinion manifestement fausse que Pascal était l'inventeur de la brouette ? — C'est par une équivoque.
On se servait au xvn"" siècle d'une manière de chaise
à porteurs , montée sur deux roues et traînée à bras.
Cela s'appelait une brouette , par mépris , comme un
méchant violon s'appelle un sabot. Or l'invention de
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Pascal eonsislait en un ressort particulier pour suspendre cette brouette. Bossut, dans son Discours sur la vie et les ouvrages de Pascal, ne laisse aucun doute : a La suspension de la brouette est ingénieuse relative- » ment à son objet : deux ressorts de fer attachés soli- » dément par l'une de leurs extrémités au bas de la » partie antérieure de la caisse... » En voibà assez pour démontrer qu'il ne s'agit ici nullement de la brouette à l'usage des manœuvres, la seule aujourd'hui qui porte ce nom. L'autre machine a depuis longtems disparu de l'usage et presque de la mémoire des hommes. Mais n'importe, « le vase est imbibé^ l'étoffe a pris son pli; » on répétera toujours que nous devons la brouette, cette machine si simple et si utile, au génie prodigieux de Pascal ; que des hauteurs sublimes des mathématiques l'aigle n'a pas dédaigné d'abaisser son regard, etc., etc.
Qui ramasserait dans les livres des savans les bévues occasionnées par une équivoque , il en résulterait un ouvrage en plusieurs volumes et fort récréatif. Exemple:
Tojnus signifie, dans le latin du moyen âge, la même chose que tojnaculiim dans la bonne latinité : intestins, boudin, cervelas. Il signifie aussi un tome, une fnai/i, ou une rame de papier. Dom de Foy, trouvant dans un diplôme de Chilpéric II ces mots : « Carta tomi (juinquaginta », la feuille 50 de la collection , la cinquantième charte du recueil, traduit « cinquante bouts de cervelas », et de ce passage il fait sortir la preuve qu'alors la charcuterie était interdite aux religieux de l'abbaye de Corbie.