DOL'ILLE, DOUILLET
A propos crandouille, dom Car pen lier a fait une plaisante méprise lorsqu'il dit (sous Andetus) qu'une terrasse, un mur de terre s'appelait andouille. A l'appui de cette assertion, il n'a qu'un texte, et le voici : « Lequel Richart rompit une partie d'une terrasse » appelée andoilles, d'une chambre basse sur la rue. » {Lettres de rémission de 1386.)
Cela paraît positif; mais avec un peu d'attention, on s'aperçoit qu'il y a un membre de phrase transposé, et qu'il faut lire : « . . . rompit une partie d'une terrasse d'une » chambre basse sur la rue appelée Andouilles (1). »
Ces mots, appelée andoilles , étaient sans doute en interligne ; dom Carpentier les aura mal introduits dans le texte, et de là cette imagination vraiment bouffonne, qu'une terrasse s'appelait au xiv* siècle une andouille. Aussi trouve-t-on dans la partie française du Glossaire de Du Cange : « Andoilles, cloison^ mur de terre. » Et puis cherchez l'étymologie !
Douille a fait le diminutif douillet, dont le sens primitif ne va pas plus loin que un peu enflé. Mais comme ce qui est un peu enflé dans le corps humain est sensible au toucher, douloureux , l'acception de doidllet s'est modifiée en ce sens : Vous êtes un douillet, vous êtes trop sensible à la douleur même la plus légère, à l'appréhension de la douleur.
Huel, le docte Huet, fait venir andouille ^edulium,
(1) La rue Pavée (5aiul-Ândré) s'appelaiJ alors rue Pavée i' Andouilles. Elle conservait encore ce nom en 1676. (Voyez Paris sous Philippe le Bel, p. 325.)