SE MOUCHER DU PIED
la poltronnerie fait loujoiirs rire au théâtre, tandis que la lâcheté, si l'on osait l'y exposer, y serait odieuse.
Saumaise. Je tiens plus que jamais à mon étymologie de pollex truncatus.
Ménage. Et moi, à celle de polster, po/tro.
L'abbé Antomni. Qui n'est pas dans mon dictionnaire, je tiens à le constater.
Le PÈRE Trévoux [prenant son tricorne et s'en allant). Je suis donc plus philosophe que vous trois, car je ne tiens à rien.
Se MOUCHER DU PIED. — Uu dcs tours d'agiUté familiers aux anciens saltimbanques, et dont mon enfance a été plus d'une fois réjouie, consistait à se saisir le pied à deux mains et à se le passer vivement sous le nez. De là cette façon de parler triviale pour dire un homme grave, digne et considérable : C'est un homme qui ne se mouche pas du pied !
L'explication de Trévoux est un contre-sens ; « On » dit d'un homme habile et à qui il n'est pas aisé d'en » imposer, d'en faire accroire, qu'il ne se mouche pas » du pied :
« Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose, » N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied! »
Eh ! mes pères , n'avez-vous jamais lu Tartufe, que vous le citez à faux? Il ne s'agit pas dans le discours deDorine de la finesse de M. Tartufe ni de son habileté , mais de son importance , de sa position dans le