‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 61 sur 259 · SE MOUCHER DU PIED · texte numérisé non relu

SE MOUCHER DU PIED

la poltronnerie fait loujoiirs rire au théâtre, tandis que la lâcheté, si l'on osait l'y exposer, y serait odieuse.

Saumaise. Je tiens plus que jamais à mon étymologie de pollex truncatus.

Ménage. Et moi, à celle de polster, po/tro.

L'abbé Antomni. Qui n'est pas dans mon dictionnaire, je tiens à le constater.

Le PÈRE Trévoux [prenant son tricorne et s'en allant). Je suis donc plus philosophe que vous trois, car je ne tiens à rien.

Se MOUCHER DU PIED. — Uu dcs tours d'agiUté familiers aux anciens saltimbanques, et dont mon enfance a été plus d'une fois réjouie, consistait à se saisir le pied à deux mains et à se le passer vivement sous le nez. De là cette façon de parler triviale pour dire un homme grave, digne et considérable : C'est un homme qui ne se mouche pas du pied !

L'explication de Trévoux est un contre-sens ; « On » dit d'un homme habile et à qui il n'est pas aisé d'en » imposer, d'en faire accroire, qu'il ne se mouche pas » du pied :

« Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose, » N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied! »

Eh ! mes pères , n'avez-vous jamais lu Tartufe, que vous le citez à faux? Il ne s'agit pas dans le discours deDorine de la finesse de M. Tartufe ni de son habileté , mais de son importance , de sa position dans le

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