ALLUMER INE LUMIÈRE
B. Très-bien ! mais il y a une grande différence entre les deux locutions.
A. Laquelle?
B. Il y a déjà celle-ci, que l'une me choque et l'autre non.
A. Nous tournons dans un cercle vicieux. Eh bien , laisserez-vous dire : éteiiidre une lumière ?
B. Il faut bien que je le laisse dire !
Éteignons les lumières, Et rallumons le Tea.
C'est connu, et cela ne blesse en rien la logique, parce que
A. Vous l'accordez, suffit. On peut éteindre une lumière, c'est entendu. Mais si vous permettez de l'éteindre, il faut que vous permettiez aussi delà rallumer; seulement vous ne consentez pas qu'on ait pu l'allumer une première fois. Voyons , que répondezvous à cela ?
B. Que voulez-vous que je vous dise? Tout le monde est pourtant de mon avis, témoin la salle des Variétés.
A. Eh bien, la salle des Variétés a tort; tout le monde a tort de croire sur parole quelques charlatans puristes qui , par les subtilités d'une fausse analogie et les oracles rendus du haut de leur ignorance, ne tendent insolemment à rien de moins qu'à remplir de solécismes les œuvres de tous nos grands écrivains. A les entendre, Molière, La Fontaine, Montesquieu, Pascal, Voltaire, ne savaient pas le français; eux seuls