‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 73 sur 259 · Ô8 ORIGINE DU PARTICIPE INVARIABLE · texte numérisé non relu

Ô8 ORIGINE DU PARTICIPE INVARIABLE

de mettre de votre côté , en laissant croire que votre fait n'allait qu'à régulariser l'ancien usage, le formuler nettement et fixer une incertitude. Non, pas du tout ! La syntaxe du participe, telle qu'on la pratique aujourd'hui, est une invention moderne; nous le faisons invariable, et il était variable, comme chez les Latins.

Voici, je pense, l'origine de la méprise.

Ces participes latins, amans^ volens. veniens, n'ont que deux terminaisons pour desservir trois genres, ou même n'en ont qu'une seule au nominatif singulier. En quoi le vieux français a encore imité le latin : quantité d'adjectifs pourvus aujourd'hui de deux formes, une pour le masculin , une pour le féminin , n'en avaient originairement qu'une seule. Exemple ;

Six aulnes de drap maintenant, Dites, est-ce chose avenant, Par vostre foy, que je les perde?

{Palelin, v. 663.)

De cette équivoque est sortie l'opinion du participe présent invariable.

Aussi Palsgrave prend-il soin d'avertir que ces formes parlant, convertissant^ faisant, et le pluriel /;</r/tf;K«, convertissans , faisans, servent pour le masculin et le féminin. Donc il admet en principe l'accord du genre aussi bien que celui du nombre.

Mais c'était dt'jà une altération du langage. Dans le lems oîi fut faite la traduction du Livre des Mois, on eût dit parlantesy convertissantes, faisantes.

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