‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 74 sur 259 · PARTICIPE PASSÉ · texte numérisé non relu

PARTICIPE PASSÉ

Le participe passé, lui , n'a pas subi ces variations. Il se traite encore aujourd'hui comme nous le voyons traité par le traducteur des Rois. D'où vient cette différence de fortune? De ce que l'équivoque de la finale en ont n'existait pas pour le participe passé. Le participe passé ayant toujours eu sa finale mobile, en français comme en latin, sa faculté de s'accorder en genre et en nombre n'a jamais été mise en doute.

Voilà oùjesuisconduitpar les faits. Et si je m'adresse à la théorie pure, j'arriverai au même résultat. Pourquoi le participe présent ne serait-il pas assimilé au participe passé? Par quelle cause celui-ci varierait-il et l'autre non ? Amans est pour les trois genres ; amatus, amata, amaium, fournit une forme distincte pour chaque genre ; mais pour cela s'est-on jamais avisé de A\ve (\\i amaîis , ou en termes généraux , le participe présent fût invariable ? En grec, le participe présent a les trois formes pour les trois genres, preuve qu'il n'est pas de sa nature d'être invariable, et qu'il est au contraire un véritable adjectif. Les raffinés qui ont inventé la distinction du participe présent et de l'adjectif verbal , distinction souvent insaisissable , eussent dignement tenu leur place parmi les moines byzantins du Bas-Empire : si MM. Noël et Chapsal eussent bien regardé le bout de leur nez, il n'est pas douteux qu'ils eussent aperçu la lumière du Thabor.

Je ne demande pas le rapport de la loi qu'ils ont proclamée ; nous avons aujourd'hui trop de grands écrivains en deçà et au delà de leur règle, et il y a bien assez de

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