‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 76 sur 259 · SUR UN PASSAGE DE REGNIER · texte numérisé non relu

SUR UN PASSAGE DE REGNIER

Le directeur de V Illustration reçut un jour la lettre suivante :

« Monsieur, l'entreprise que vous avez formée d'éclaircir par Tétymologie nombre de locutions usuelles, les unes condamnées à tort, les autres admises et recommandées contrairement à la raison, cette entreprise doit avoir pour résultat, non-seulement l'amélioration du langage par l'intelligence de ses causes, mais encore de faire sortir du fond de nos bons écrivains nombre d'expressions auxquelles on ne prenait pas garde; de les remettre en vue et peut-être en circulation ; dans tous les cas, de ramener l'attention sur nos classiques, et de suppléer au silence des commentaires ou d'en rectifier les erreurs.

» Voici un passage de Régnier, où se trouve une expression qui m'embarrasse. Régnier signale le tort que font à la poésie quelques « jeunes veaux » débauchés, sans talent, braillards et débraillés, qui s'en vont à l'hôpital en accusant l'injustice du siècle :

Et puis dans leur chansou soUemeul importune, Us arcuscnt les grands, le ciel et la Tortune, Qui, fnslés de leurs vers, en sont si rebattus, Qu'ils out tiré cet art du nombre des vertus. (Satire IV.)

» Vous voyez que les génies incompris ne datent pas d'hier. Mais que veut dire cette expression : fustés de lews vers ? Le Duchat ne me satisfait guère en l'expliquant a fournis de leurs vers ». — « Un homme fûté^ » dit-il, est celui qui, ne manquant de rien, est en état

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