‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 8 sur 259 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

» délibéré plusieurs fois sur cette matière, elle résolut, » par l'avis même de M. Chapelain qui avoit donné le » premier cette pensée, qu'on ne niarqueroit point les » autorilez dans le Dictionnaire, si ce n'est qu'en y Ira- » vaillant on trouvât bon de citer, sur les phrases qui » seroient douteuses, quelque auteur célèbre qui en » auroit usé (1). »

Cette petite réserve où se réfugiait la pudeur du bonhomme Chapelain ne fut même pas maintenue ; les citations furent abolies purement et simplement, dans tous les cas. Et Pelisson nous dit ingénuement pourquoi : « l'Académie appréhendait le travail. »

Aujourd'hui que cette raison a cessé d'exister, l'Académie devrait revenir à l'idée de ses fondateurs avec d'autant plus d'empressement qu'elle a devant les mains plus d'élémens pour dresser une liste somptueuse et imposante. Elle n'aurait que l'embarras du choix. Sur la nécessité de ce canon d'écrivains, et les bons effets (jui résulteraient d'une pareille liste proclamée par l'Académie française, je ferai entendre une voix plus imposante que la mienne, une voix d'outre- tombe : ce ne sera ni plus ni moins que celle de Boileau, dont ces paroles peu connues méritent d'être pesées attentivement. L'abbé d'Olivet rapporte que Boileau lui dit un jour, en présence de Tourreil :

« Quoi ! l'Académie ne voudra-t-elle jamais connoître » ses forces ? Toujours bornée à son dictionnaire ! quand

(1) Pelisson, Histoire de l'Académie française, I, 138,

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