XVI PREFACE
» donc prendra-t-elle Tessor ? Je voudrois que la France » pût avoir ses auteurs classiques aussi bien que l'Italie. » Pour cela, il faudroitun certain nombre de livres qui » fussent déclarés exempts de fautes quant au style. » Quel est le tribunal qui aura le droit de se prononcer » là-dessus, si ce n'est l'Académie, etc. (1)? »
Boileau continue en exprimant le désir que ce choix se fît sur des traductions d'auteurs anciens, lesquelles étant accompagnées d'un commentaire grammatical fait par l'Académie, répandraient à la fois la connaissance de la langue française et le goût de l'antiquité chez ceux-là même qui ne pourraient lire les textes originaux. Aujourd'hui l'Académie aurait à exercer sa critique sur des ouvrages d'un bien autre inlérOt que des traductions du grec et du latin. Notre littérature nationale ofire un assez vaste champ à ses travaux. Qu'on se ligure ce que serait une collection de nos classiques reconnus tels et annotés par l'Aradémie française ! Mais quoi ! nous la retrouvons en 1856 juste au même point où elle était en 16(59: o toujours bornée à son dictionnaire ! » et n'ayant pas même songé à ces listes préparatoires qui devraient servir de base et de pierre angulaire à ce dictionnaire éternel ! Si elle ne le rédige pas d'après les auteurs, quelles sont donc ses autorités et Jiolro garantie?
A cette question, elle répond par un seul mot : l'usage.
(I) Hiitoire de V Académie françoUe, II, 123.