‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 17 sur 98 · LE MARY · texte numérisé non relu

LE MARY

Trottez, vieille ! ifottei, trottif I Et serrez qninid il Mk beioiag.

LA FEMME , k Panditoire.

Nobles (Jjimps. qpi 4Te^ §ûiqg, Vous poQYe? p9f cepy wp^er.

Le pont anx asnes est tesmoing :

Hesoin faict la vieille trotter.

LB MAIY, an publie.

Adieo, seigneurs, et près et loing Qu*il vous a plea nous esooutef.

Le pont aux asnes est tesmoing :

Qesoio faiet la vieille trotter.

Telle est la farce du Pont aicx ânes, Jje remèdp étftjj . facile, à la portée de tout le monde : c'était le pont aux ânes. Le mot est resté proverbe, qui dépose encore du succès populaire de cette comédie,

Elle n'est point datée, mais j'observe qu'il y est question des Évangiles des quenouilles, dont la première édition, selon M, Brupet, est de Lyo^i iA^S.

Le rôle de Dominé Dé ou saint lourâ'hui est écrit en un jargon méridional, mélange d'italien, de latin et de français; ou plutôt en baragouin pur, où l'on ne distingue de net qu'un seul vers :

Vaà/by tenez le pqqt ^\ asnes !

Aussi est-ce le mot essentiel.

J'ai pensé qu'on ne verrait pas sans intéjrêt yii écl^^p-

tillon des gaietés de oe bon vieux tems qu'on s'efforce de remettre à la mode.

T CHANTxap; pst un 4e§ mots les plu» usitée de nos jours : C*est du chantage, — c^est un vrai chantage l II n'y a personne qui ne comprenne cette façon de parler et ne l'emploie couramment. Elle est connue des salons comme des tribunaux, qui ont si fréqueminçqt occ|iaion de faire justice du chmtage^ Les mcgurs de notre tems ont rendu nécessaire, ont consacré oi^Wjà expression qui n'a point d^équivjiilent che^; nou^- L'Académie pourtfint a refusé de l'accueillir, en^ofç que messieurs d# l'Académie s'en servent au be^pin suna scrupule; et, en effet, comment diraient-rils aulrpinent?

Chantage n'est pa^ d^ns les anciens dictionnaires, oel» e^t vfi^i, v[\%\% chanter se trouve dans Furetière §vec Tacception métaphorique de chantage ; — « On

> dit figurément d'un homme à qui Ton veut faire faire I quelque chqse par force, qu'op le fer^ bien chmtf^t

> qu'on Tobliger^ a payer, à faire ce qu'il doit. »

Cett^ locution est née manifestement de la coutiime où étaient nQs pères de chanter à table au dessert. Chacun d^v^it payer son tribut d'une chanson ; qu(^ pi quelqu'un des convives voulait s'y soustraire, les instances de l'assemblée ou de l'amphitryon ne lui lliissaient point de relâché; aucune excuse n'étMt admise, ^\ bon gré mal gré, le récalcitrant arrivait fi s'exécuter : on le faisait bjen c^ianter!

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