‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 18 sur 98 · D. PASCAL · texte numérisé non relu

D. PASCAL

Hé bien, enlevons-la, je vous l*ai dit d'abord ; Quand nous la tiendrons seule, il faudra qu'elle chat^, (Acte ni, se. IX.)

Dans la ilfw52comûme,. représentée en 1781, on retrouve cette expression prise à double sens :

« Le Baron. Comment, faquin! et la musique?

» Le Laquais. Eh, c'est mon fort! Je sais faire » chanter l'Anglais le plus boutonné, le Hollandais le » pliis avare, quand l'un ou l'autre est amoureux d'une » femme que je protège. » {Scène iv.)

II est clair que cette expression faire chanter quelqu'un appartient à la langue fi^ançaise du xvn*" siècle, et n'est pas de l'argot. Pourquoi donc le Dictionnaire de l'Académie n'en fait-il aucune mention? Ce dictionnaire devrait-il se trouver en 1885 plus incomplet que celui de Furetière en 1688? Messieurs les quarante nos contemporains ont cédé à une fausse délicatesse. Je leur abandonnerais encore chantage, mais il paraît du moins indispensable qu'ils restituent le verbe chanter dans la prochaine édition de leur dictionnaire. S'ils persistent dans ce système de bégueulerie, ce sera un pauvre livre que le dictionnaire historique de notre langue auquel on dit qu'ils travaillent !

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