‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 20 sur 98 · BROCANTER, BROCANTEUR · texte numérisé non relu

BROCANTER, BROCANTEUR

La racine commune à'abrocamentum^ ^abrocator et de brocanteur^ est bocca ou bucca^ la bouche, combiné avec la préposition orf, parce que ce commerce interlope ne peut s'exercer qu'en s'abouchant directement, vendeur et acheteur.

Dans tout commerce, le marchand vante sa marchandise; sans doute. Mais le brocanteur s'attache particulièrement à faire valoir l'occasion exceptionnelle, le merveilleux hasard dont l'amateur est à même de profiter.

-* Montrez -Doas votre écrin.

— Volontiers. J'ai toujours quelque hasard en main. Regardez ce brillant..., etc.

Je dis que la parole, la bouche, bocca^ par corruption brocca, est l'instrument essentiel du brocantage. On conçoit parfaitement un négociant faisant son commerce de loin, par correspondance ; mais se figure-t-on un brocanteur muet ou réduit à écrire? Il ne vendrait pas une lorgnette !

Brocanteur a été fait comme charlatan^ qui vient

tive et méprisante. De ces deux acceptions de poOrowUer^ le bel usage n*adaiet plus que la seconde. Voici des exemples qui prouvent la légitimité de Tune comme de l'autre :

« Le bonhomme s'en va souper. On luy aporte de la viande froide » qui n^est pas seulement demourée des commères, mais est le demouh rant des matrones, qu'elles ont paircmiUé à la journée en beuvant » Dieu scet comment ! » (3* des Quinze joies de mariaige, )

« Hélas ! il n'y a guères que je suis accouchée ; et il vousWde bien » que je sois jà à patrouiUer par la meson ! » (/6td.)

Le nom propre PatouiUet indique que la forme patouiller a été usitée. Amyot aussi ne dit que fonde ; jamais fronde.

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