‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 23 sur 98 · LATINIER, POUR INTERPRÈTE · texte numérisé non relu

LATINIER, POUR INTERPRÈTE

Dans le Fierabras provençal, un musulman menace le Français en langue turque :

Olivier aati m voz et entend ses UUis.

(Fierabras, v. 3S4.)

« Olivier entend sa voix et comprend son latin. »

Gascelio Pot, si tint le chief enclin ; Dit à son oncle deux mos en son latin,

{Aub&ri le Bourguignon.)

Ce que nous disons un interprète^ par un terme tout à fait moderne, s'appelait au moyen âge un latinier. Dans le Doomesday book de Guillaume le Conquérant (1066), on trouve sur la liste des officiers du palais : « Hugo latinaritùs,^ » Hugues latinier, interprète.

Laiinier fu, si sot parler roman, Anglois, Gallois et Breton et Norman.

(Garin,)

On ne dit même pas que ce latinier sût le latin.

L'arcevesques Franchois à Jumèges ala, A Rou et à sa gent par latinier parla.

(Wace, Chron. des ducs de Norm,)

La comtesse de Ponthieu étant recueillie sur un vaisseau turc , le capitaine « le fist requerre par latinier qu'ele li dist de quel linaige ele estoit. » ( Voyage d'outre-mer du comte de Ponthieu.)

Froissart, qui mourut vers 1400 , se sert encore de ce mot latinier.

Mais bientôt latin, dans cette acception , va céder la

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