JARGON, DE L*1TAL1^D GE^PO
çt Salyiqi (1) me paraît avoir rencontré jqste qy^nrl il dérive cet adjectif du grec «poç, Upi [hiero^, hiera)^ qui signifie sacré. lÂngua gerga^ langue sacrée, c'està-dire secrète, coq^qe cjes §euls initiés.
Il est à noter que les mois tirés du grec où ils commencent par hié changeaient autrefois cette syllabe en gé. Ainsi nous pronoqçQPS ftqjoqrd'liqi hiérarchie ; mais le. père Bouhours soutenait que la bonne prononciation était gérarchie. Trévoux donne hiéroglyphe ou jéroglyphe; hiérophante oq j érop fiante ; \\ ne vpq^ pas qu'on dise Hiérusalem, mais Jérusalem ; npus qa djspn^ pas non plus saint Hiérâme, mai^ saint Jéf:â^e(2)j
Il ne faut pas s'étonner de trouver à un terme d'^Fgot une étymologie grecque. On en pourrait citer 4'^Utr^ç exemples qui prouveraient sqrabondamp^ept que toi|s les voleurs ne sortent pas de la classe illettrée, et qy^ l'argot a compté des savans parmi ses fondateurs.
Arton , du pain , en argot ; — ? ep grec , artp$ , à ^accusatif arton.
Orkis (grec), un oiseau. — Omie (argot), up§ poule ; omichon, un poulet; omion, un chapon.
PiEiN (grec), boire. — Piolle (argot), icab^rejb ; piqllier, cabaretier (3).
Un fait d'argot des plus curieux, c'est le syqopyrpe que doone aujourd'hui le peuple à un mot qui poq)r
(1) Sur le Malmantile, II, st. 5.
(%) Voy,ez,fliu89J Du Cange, sous Gerapicrâ {hierapicra). (3) pjiç^9iip.ajrjç arfpt-fraii^ais, à la suite du poème de Cartouche,
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nience appareminent à lui sembler trop grossier ; C'e^t un bon zigue l tu es un bon s^igm ! Or il se trouve que las Zigues figurent à côté des Bulgares daps une chro^ nique grecque, en vers politiques, des premières annéei du XIV» siècle. — « Théodore Lascaris , dit l'auteur , i approvisionna ses forteresses et prit à son service » I» moyennant salaire, des Turcs, des Cumans, des Ldin$f , » de? Zigtces et des Bulgares. » (Buchon, Chr^m, du Romaniey p, 92 et 93.)
Comment peut être venue, 9 de^ hommes du peuple, ridée de eette maligne substitution des Zigi^^^ aux B^h gares ï C'est un trait d'érudition très-raifinée I h ne vois d'AM^re explication sinon que ce mot et ce rappro^ c)ieiQint s'étaient conservés au fon4 de la tradition populaire depuis la conquête de Constantinople et l'établissement des Français en Morée. Mais cette e^^pli? cQtÎPri m0me donn3 ))eaucoup à réfléchir, et montra combien le langage du peuple mérite l'attention de| philosophes.
Un bon dictionnaire d'argot, bien authentique, fonr»^ Dirait (i^s renseigneniens précieux, des étyntologi^f de toutes les époques et de tous les pays. Il en §er4it 4« celui-là comme de tous les vocabulaires techniques.
En résumé : Hngua hiera» — lingua gerga^ ilçfirgo f "» jergon ou jargon , argot.
Langue sacrée, secrète, à l'usage des seuls witiéç.
Vous i^vez cru peut-être que cette belle étynjologiue argot, SArgos, était une invention bouffonne de l'auteur de Cartouche 1 Détroippçz-yous. GrandvaJ, à la