‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 26 sur 98 · ARGOT DÉRIVÉ DE UAGOT · texte numérisé non relu

ARGOT DÉRIVÉ DE UAGOT

vérité , Ta développée , ornée des grâces de sa versification ; mais, quant au fond, il Pavait prise en lieu fort respectable, non pas précisément dans Pline, mais chez Furetière. Rien n'est plus sérieux, comme vous voyez, et la raison de Furetière est bonne à connaître : « Parce que la plus grande partie de ce langage est composée de mots tirés du grec. » Je vous l'avais bien dit : l'argot nous conduit au seuil de TAcadémie des inscriptions.

Le Duchat se moque de la bonhomie de Furetière , et dérive argot de Ragot , « belitre fameux du tems de Louis XII et des premiers tems de François I**. « Il y » a, dit-il, un in-douze de soixante pages au plus et de » vieille impression, traitant des gueux de l'hostière^ » où le nom de Ragot est fort souvent répété. Argot j » qu'Oudin, dans ses dictionnaires, interprète guetise^ » rie y mais qui signifie proprement le jargon des bohé- » miens, vient aussi très-vraisemblablement de Ragot y » par une légère transposition de lettres (1). »

Ragot, argot, cela est bien fin pour être vrai ! C'est une étymologie dans le genre de poltron , voL{lex) TRO^{catus), et de cadaver^ CA(ro) da(^ \EK{mibus). Parler argot serait donc parler Ragot ?

Ce livre sur l'illustre bélître Ragot n'est autre que Les Propos rustiques de Noël du Faïl, auquel un fripon de libraire mit pour second titre, ou tes ruses et finesses de Ragot, capitaine des gueux. C'est un leurre impudent pour allécher la pratique. Il n'y est question de

(1) Sar Pantagruel, II, chap. 11, p. 129.

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