‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 32 sur 98 · BRIMER · texte numérisé non relu

BRIMER

Une acception méprisante s'attache à ce verbe quemander : pourquoi ? Parce qu'on suppose que les quémandeurs exagèrent les doléances, multipliafit les faux gémissemens pour tâcher d'inspirer la pitié. Ce sont gens qui ne cessent de pleurnicher aye! ayeî aye ! Les Italiens, de cette même racine giuxi^ ont fait le verbe guaire^ gémir, se plaindre.

Dom Carpentier fait venir cayment du latin quœstoTy quêteur, dans le sens de quêteur d'église , frère quêteur. Il y avait des quêteurs qui parcouraient les diocèses : <K Hinc nostratibus caymant^ mendicus , homo » vagus et nihili. » Je crois que dom Carpentier se trompe.

C'est aussi de quœstor que Ménage prétend dériver gueux. Borel a recours à l'allemand geiler; Pasquier, au latin ganeo. Il me paraît bien plus simple de rattacher gueux à guai^ guaioso, et d'y voir une abréviation de guaitretcx. Jacques Bourgoing veut les tirer de l'interjection heu! heu! heu! et du nom de notre grand'mère Eve {Heua)y qui fut la mère de toute douleur ici-bas. « Je veux , dit-il , en l'honneur des Muses, me passer la fantaisie de cette étymologie. » Elle est en effet assez fantastique; mais quel honneur en retirent les Muses ?

I Brimer. — Un officier, ancien élève de Saint-Cyr, m'écrit pour me demander d'où peut venir le mot inmer^ employé à l'école militaire dans le sens de vexer ^ mais avec une nuance d'acception plus vive. Brimer le

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