MA CHEMISE BRULE
Et ces sages combinaisons des politiques d'autrefois sont aujourd'hui un Jeu d*enfans (1).
. La môme coutume existait à Florence. La cérémonie se pratiquait dans le Marché-Neuf, sur une dalle de marbre appelée la dalle du carroccio^ parce que Ton y faisait stationner le carroccio lorsque Florence préparait le départ de ses troupes. Dare il culo il sul lastrône est une locution florentine pour exprimer faire faillite, ou bien renoncer à la succession paternelle. Brunetto Latini :
Egli ha dato del cal in f al petrone.
(Pato//lo,cap.i.)
Et Lippi, parlait des femmes qui par leur luxe ont ruiné leurs maris :
Donne che fero gia per ambizione D'apparir gioiettale e luccicanti Dar il cul ai mariti in sal lastrone.
{MalmantOe, VI, st. 73.)
(1) Le livre de Gigli étant devenu fort rare, je pense qu*on sera bien aise de trouver ici le texte dont i-l s'agit :
a Allato alla cappella di piazza, non lungi della porta del sale, » vedesi in terra una bianea lapide quadra, posta per Teffetto che qui » si dira. Coloro che si trovano carcerati per debito civile, e non » banno da soddisfare altrimenti ai creditori loro, hanno beoefizio » dalle statuto di cedere ai béni (sic), et girare per tre mattlne, air ora » della campana, ogoi mattioauna volta la piazza, acconipagnati dalli » sbirri e nadi, fuori che nelle parti da ricuoprisi. E neir ultima » mattina, compita la girata, sono sforzati dalli sbirri a battere in » questa pietra le natiche, dicendo queste parole dallo statuto pre- » fisse : io ho consumato e pappato tulte le mie robe; ora io pago * i miei creditori di questa maniera corne vedete. Ma nn tal atto sic* » corne lascia una gran nota d'infamia, cosi non è praticato se non da » persone di vil nascita et d'animo più vile. » (Dtarto sanese^ II, 188.) II. .9
itQ PQUTBB LB8 CULOTTES.
Le mari«ige de Catherine de Médicis, qui a introduit en France tant de modes et de locutions italiennes, pçut bien daas le nombre y avoir fait connaître celleJà, et donné naissance au jeu qui la parodie.
1 Porter les culottes. — Cette métaphore pour exprimer qu'une femme domine son mari nous vient du XIII* siècle. Hugues Piaucèle, trouvère du tems de saint Louis (1), nous a laissé le fabliau de Sire Hain et dame Anietise , qui parait le point de départ de cette façon de parler.
Sire Hain était un brave tailleur très-habile à raccommoder côtelés et mantiaux. Si femme, revôohe , taquine, mettait tout son bonheur à le contrarier. Le bonhomme voulait^il manger des pois en grains , elle les lui servait en purée ; les- demandait-il en purée, on les lui servait en grains. « Je mangerais bien du bouilli ! » il était sûr de voir arriver du rôti, et encore tout sali de cendres. Une fois il dit à sa femme : « BJa chère amie (car il la traitait toujours avec une extrême douceur), ma chère amie, j'aurais aujourd'hui appétit de poisson. Si vous alliez m'en acheter ? -^ Quel pois» son?... De rivière ? — Non , non ! de mer ; je ne puis souffrir les arêtes, — Cela suffit ! »
Elle s'en va trouver un sien cousin germain, pôchaup de son métier : « Guillart, je viens chercher des épinoches. Mon mari veut du poisson à arêtes ; c'est son
(t) LAcroii du Maine le met à la date de 4260.
FORtER LBS CULOTTES. 18i
goôt ! ft Guillart livre des épinoches, petit poisson ainsi nommé parce qu'il est rempli d*épines. Le mari, du plcis loin qu'il la voit : < Ah ! sois la bienvenue, ma femme! Est-ce de la raie ou du chien de mer ?^^ Ni l'un ni l'autre. Êtes-vous fou 1 ne savez^vous pas qu'il a plu toute la nuit? tout le poisson de mer pue. — r II pue?... Hé, mon Dieu ! tout à Theure j'en ai vu passer de si bon dans un panier !... — Oui ! vous en direz tant que j'enverrai tout au diable! Tenez! tenez!... » Et la voilà qui sème les épinoohes dans la cour, c Mon Dieu, ma femme, je ne peux donc pas te dire un mot? en vérité, tu me tiens trop court ! j'ai honte devant les voisins de me laisser mener ainsi. — Bah !... Eh bien ! résistez un peu , si vous Tosez ! — Tais-toi , méchante créature ! Tiens , si je n'étais pressé de besogne, que c'est demain le marché, tu me le paierais tout à l'heure ! — Je vous le paierais ? Ah ! vraiment ! je ne vous en dis... beuse (1). Voyons, venez-y donc !... »
Sire Hain , très-courroueé en dedans , réfléchit une minute : < Ecoute, Anieuse, cela ne peut continuer de la sorte. Nous ne serons jamais bien ensemble tant que nous ne serons pas convenus qui doit conduire le ménage. — Vous voulez convenir d*un chef? et par quel moyen , dites un peu ! -<- Oui , je le dirai. Demain matin j'dteral mes culottes ; je les poserai à terre dans notre cour, et celui des deux qui pourra s'en
(1} Bonze.