‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 45 sur 98 · PORTER UN POULET · texte numérisé non relu

PORTER UN POULET

autant les poulets en papier qu'en fricassée (2« partie, p. 114); et Ton appelait alors un entremetteur d*amour un porte-poulet {Ibid., II, cliap. 82, p. 248).

Pour moi, je crois cette expression traduite de Titalien, qui dit, comme le français, portar polli; un portapollastri. Mais l'italien ne dit pas un polio ^ un pollastro dans le sens figuré où nous disons un poulet. Par conséquent les locutions portar polli, un porta" pollastri sont dans le sens propre et positif : c'est porter une volaille, celui qui porte une volaille.

La Monnoye explique que les marchands de volaille, « sous couleur de porter des poulets à vendre dans les » maisons, remettaient le billet à la personne qui était » d'intelligence (1). »

C'est encore une conjecture donnée pour un fait. Conjecture pour conjecture, je préfère celle des auteurs du Vocabulaire napolitain. Les académiciens filopatridi disent donc que cette expression un porta-pol^ lastri est née au village, où l'amour se fait avec les' ressources des amoureux. Un galant essaie de gagner le cœur de sa belle par l'envoi de quelque paire de pigeons ou de poulets gras. D'où est venu que ceux qui se chargeaient de ces messages ont été appelés portapollastri. L'expression napolitaine vient singulièrement à l'appui de cette origine, car ce peuple , le plus amateur qu'il y ait au monde des lazzi et des métaphores excessives, pour désigner un porte-poulet ou

[' (1) Glossaire bourguignon f sous Vovià,

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