LA FARIDONDAINE
^ La Faridondaine , la Faridondun. — Un correspondant malicieux m'a prié de lui expliquer la faridondainey la faridondon. Je l'essaierai volontiers.
Dans la basse latinité, dondum était synonyme du moi adeps dans la langue d'Augustej; c'était de la graisse. D'où venait ce dondum, je n'ai pas à le rechercher : il me suffit de remonter jusqu'au latin. On prononçait dondan, comme factoton^ galbanon^ matri'^ momon* opion, son (pour eum), etc. (1).
Mne^ dondaine y dondùn, grosse dondon, est donc une femme grasse et ramassée. Il faut lire /a, /a, ris dondainel Nos pères aimaient à introduire dans leurs refrains le nom des notes de musique. Par exemple :
Mi, mi, fa, réi mif Chantez mon petit.
Mi, mi, fa, ré, fol, Comme an rossignol.
Ou bien ce couplet cité par Ménage dans ses Observations sur la langue française :
ContMiA d« Goïfol,
La, ut, ré, mi, fa, sol.
Je veux mettre en musique OlM tous avei eu, La, ré, mi, fa, soi, iU^ Plus d'amans qu'Angélique.
(1) On sait Thistoire de ce fou qui, entendant chanter à la BueMf per eum qui venturus est, s'imagina être désigné par l^glise comme le sauveur des hommes parce qu'il se nommait Êon. Cette |)riiMHk^ ciation fut la source d'upe hérésie. —Voyez la Biograp^ umverseUe, k l'article Éon.
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Mais on disait aussi la fariradondé :
PutgeoDs ndi desserts De chansons h boire, Vivent les grands airs Dd ConAervatotre.
Bob La fiiriradondaine
Gai.
U fiiriftdvndé,
Ce la fariradondé y loin d'être une difficulté, Vient précisément à Tappui de mon explication. Dondé^ c'est-à-dire engraissé, gras. Voyez plutôt ce passage de lettres de rémission de 1&Ô7 : < Le supiiant geta > hors de Testable, sans le sceu de personne, une paire » de buefz dondez. » (|Du Gange sous Dondum.)
Écrivez en conséquence : « la, fa^ rira dondé, » le gros garçon rira.
Par une métaphore fondée sur l'analogie, une dandaine était aussi une grosse flèche courte et massive : — « Icelui Jehan tendit son arbalestre, et après ce » qu'il ot mis sa dondaine en coche pour tirer, et qu'il » Tabessoit pour prendre sa visée , ladite dondaine » escbappa. » {Lettres de rémission de 1405.) Ménage et Trévoux, qui a copié Ménage, se trompent lorsqu'ils disent que la dondaine était t un instrument de guerre » dont on se servoit autrefois pour jeter des pierres » rondes, comme on faisoit avec les catapultes des » anciens ; ce qu^on a appliqué aux femmes grosses et » courtes. > Cette définition est inexacte quant au sens
ISO LA FAninONDAlNK.
propre, et puis quel rapport y aurait-il entre une manière de catapulte et une grosse femme courte?
Vous voyez, mon cher correspondant, que la question n'était pas si embarrassante que vous l'aviez jugé. Néanmoins on vous sait gré de l'intention,
L'Académie française a recueilli dondon et a rejeté dondaine. On espère {{xx^ la faHdùndaine ti la fari^ dondé tiendront leur place dans son Dictionnaire bis« torique.