‹ Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'historie des mots de la langue françaiseChapitre 55 sur 98 · VOTES FAVORABLES A FURETIÈRE · texte numérisé non relu

VOTES FAVORABLES A FURETIÈRE

de compiarattre devant rAcadémie, lui-même Ten avait empêché; M. de Novion qui, ayant essayé d'arranger l'affaire, y avait échoué, et avait déclaré à Furetière, si Toh en croît îl'Olivet, qu*« il ne pouvoît, ni comme juge, » iil comme académicien, ni comme son ami, se dispenser » de le condànirter (1), » M. de Novion ne parul cependant pas à cette séance. Boileau , qui avait précédemment tenté uiie démarche auprès de Furetière, en compagnie de Racine et de La Fontaine , Boileau s'abstint comme le président Novion. Racine vint à l'Académie et "vota pour Furetière. La Fontaine vota contre ; mais il prolesta toujours qu'il s'élait trompé, et par distraction avait mis la boule noire pour là blàriche. Th. Corneille fut aussi pour Furetière. Ces rioms et ces ci^cort§UnceS ont bien quelque poids.

Qlie Charpetttié^, Leclei-c, l'àbbê TÎBslu, l'àbbè Gallois, Quinault ttiêhîe, et qui Ton voudM eî1l6oi*e, àiëhl déclaré Furetière atteint et cortvairtcb « d'àVoir etnjiloyè «làitiéthode, Ifes définitions, les phrases dëTAfeadértlife»; qu'est-ce que cela me fait ? Quant à là méthode, je vois que le plan de Furetière était beaucoup plus lairgè (|Uô celui de l'Académie ; que Furëtièrie à s\iivi l'Ordre klphabétique, et TAfeadémié l'ordre par râbîhes et fattiill^^ de mots ; qùartt aiix phrases, il parait par ISi lettre dfe Pavillon que Furetière en avait fourni litlte bonhë ^Hfl : i4 n'anrait fait (jiie rej)rêndirè soh bieh. D'âliréurs SUf

(1) Histoire de V Académie, i. H, p. 51. La phrase est si ngalière, surtout sous la plume fJ^un académiciçfi- Ou ue dit fi^j^ à !|^o ^^Hnifie : Comme votre ami, je ne puis me dispenser de vous condamner.

L'ACADifeMIÊ JriGlK ICT PARTIE. 19§

tes trais chefs, ïuretîère a rëpôtidû ^éreriiptoiriË*^ tiieht dàtis se^ FactuinSiq\}é d'Olivet aîppelle it dei il volameis aêtnédishnbes et de t*&illèrfes, maïs raîlteriëà i grossières , médisarifces bl-utalès, et qui ne dotïhettt » pas une trop bonne idée de son esprit (1). » Sur cfe point encore , je prendrai la liberté de différer d'avis àVec l'historien de l'Académie frailiçaise: Si Puretiêre n'avait pas répandu tant d'esprit et de sel dans ses fec- Vums, on eût été bien plus disposé à le^ lui pardonner. A double titre il pouvait dik*é feomme Ovide :

iDgenio perii Naso poeta meo.

Ce que je vois de plus clair, c'est que l'Académie, juge dans sa propre cause (2), a voulu venger, d'tirtfe part son amour-propre blessé , de l'autre son privilège méconnu. Mais qui osera dire aujourd'hui qtite c^ privilège, surpris à là vieillesse de M. d'Aligre, ne 1\lt pas abusif? Qu'on essaie, pour voir, de le rétablir, d'interdire la publication de tout autre dîctionttaîre que celui de l'Académie pendant vingt ans,â

(i) Histoire de VAcadë'mies t. H, p. 53.

(2) « C*étoit à r Académie à se faire |âsticeetieHnème, puisque tes » statuts Tautorisent et même Tobligent à destituer ud académicien » qui aura fait quelque action indigne de l'honneur. Et quelle action ^ t>lV8 iodigtte d'un homme d*honneur que d'aroir usurpé le travail de • saCompa|nie. « iD*01ivet, t. II, p. $1.) C'est précisément là le point en question. L'Académie le décide affirmativement, et, en vertu de sa décision, applique la peine. En tout pays cela s'appelle ètte juge et ptrtie, et e>9ft toujours une taclie à l'Académie d'avoir joué ce r^le, le jugement fût-il juste au foiid . C'est ce qu'on n'a pas assez remarqué.

200 A QUELLE DATE FUT lOUÉ PATELIN.

compter du jour de la publication de celui-ci ! Je veux que Furelière ait manqué de prudence et de discrétion ; mais ces concessions faites, je crains bien qu'il n'ait succombé sous les coups d'une cabale. C'est un procès a revoir.

^ Patelin. — A quelle date fut jouée lu farce de Patelin ?

Lorsque Vlllustration voulut bien acctreillir'ma tra* duclion de la farce de Pa^«/m, j'émis en lète de ce travail quelques opinions relativement à Tailleur et à l'âge de ce chef-d'œuvre de noire vieille comédie. Ce n'étaient que des conclusions dont le développement et la justification étaient réservés pour le Mémoire que j*ai publié depuis, avec le texte et les notes. Je n'avais voulu la que prendre date:

Dans un article sur Patelin^ inséré au Moniteur^ M. Charles Magnin, à l'occasion de l'édition deM.Geoffroy-Chàleau, me iil l'honneur de citer mon sentiment et de le combatlre. M. Magnin est un critique trop considérable pour que je n'essaye pas de me défendre, ou plutôt de défendre ce que je crois la vérité sur un point des plus importans comme des plus obscurs de notre histoire littéraire. Au reste , j'abuserai le nioins possible de la patience du lecteur ; une citation prise dans le feuilleton dont il s'agit le mettra d'abord au courant.

< Suivant M. Génin, i'action de Pathelin se passe A sous le roi Jean; quoique^ k 'son avis, la pièce n*ait

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