LA CHRONIQUE DE TURPIN
texte de plus à l'étude de notre vieille littérature, et, selon toute apparence, un texte curieux.
Il faut que le plaisir de duper son prochain ait pour de certains esprits un attrait bien vif, car enfin quelle autre récompense peut donner une pareille supercherie ?
a Qoel fruit de ce labeur pouvez -yons recueillir? »
Je comprends les imposteurs qui forgèrent dans la nuit du moyen âge les fausses décrétales et la chronique de Turpin. Les unes furent la base sur laquelle s'établirent et demeurent assis le système ultramontain et le pouvoir temporel du pape ; l'autre fonda les pèlerinages à Saint-Jacques de Compostelle, qui durant des siècles produisirent au suzerain de ce petit pays tant d'argent et une influence proportionnée à ses revenus. Il s'en fallut peu que saint Jacques le Majeur ne devint l'égal de saint Pierre, et que Féglise de Compostelle ne balatiçàt Téglise de Rome. A la bonne heure ! voilà des résultats, et cela vaut la peine démentir ! Mais se mettre l'esprit à la gène, suer sang et èau pour fabriquer des poésies de Clôtilde, ou du moine Rowley, ou même d'Ossian ; pour aligner les strophes barbares d*un poème sur Raoul deCréquy, en vérité cela fait pitié! Eh bien, quoi ? Vous avez pendant vingt-quatre ou quarantehuit heures surpris Tadmiration de gens qui n'y entendaient rien ? Vous êtes bien avancé , et je vous en fais mon compliment ! Un beau matin la fraude est mise à nu , et vous êtes sifflé sous votre nom plus II. 15