SUR L*ARTICLE DE M. P. PARIS
qu'elle présente la première mention de la clironique de Turpin : c'est pourquoi M. Paris la recule tant qu'il peut après la mort de Calixte, Mais, par malheur pour lui, la chronique est mentionnée dans Raoul Tortaire, mort certainement en 1114, où au plus lard 1115, c'est-à-dire environ dix ans avant Calixte, Ainsi la première mention se retrouve toujours contemporaine de Guy de Bourgogne, ce que M. Paris voulait par-dessus tout éviter, et ce qu'il est forcé d'accorder. S'il échappe au prieur de Saint-André de Vienne en 1092 , il retombe dans les mains de Raoul Tortaire en 1115, et le prieur du Vigeois, logé tout au bout du XII' siècle, ne peut en rien le secourir : de tous côtés la retraite lui est coupée.
Aussi M. Daunou, qui , avec tous les critiques antérieurs à l'édition de M. Ciampi, admettait le prieur du Vigeois pour l'auteur de la lettre, n'admet-il pas que cette lettre donne la première mention de la chronique : « L'âge de cette chronique peut se conclure » des mentions qui en ont été faites par divers auteurs : » le premier qui en parle est Rodolphe de Tortaire^ % moine de Fleury, qui écrivit de 1096 à 1115. » Et encore, avant le prieur du Vigeois et sa date de 1192, nous trouverions Julien , archevêque de Tolède , qui , vers 1160 , découvrit un manuscrit de la chronique dans l'abbaye de Saint-Denis (1). Le prieur du Vigeois n'arrive au plus tôt qu'en troisième ligne. Par consé-
(I . Daunuu, article Turpin.